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Convention nationale de « l’education par le sport » : Raid « santé » PJJ
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Suite à la longue expérience que nous pouvons avoir au sein de l’Union Régionale Sportive Léo Lagrange Picardie (l’URSLL Picardie) en termes de raid, nous avons voulu ouvrir ce type de manifestation à un public toujours plus nombreux et varié. Après avoir mis en place, nos raids régionaux pour les jeunes de 8 à 17ans, nous avons également organisé des raids pour le milieu carcéral et enfin des raids- entreprise avec les missions locales.
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Après une prise de contact avec la Protection Judiciaire de la Jeunesse de l’Oise, nous avons pu entamer un partenariat pour l’organisation d’un raid interdépartemental regroupant toutes les antennes PJJ de Picardie. Ils effectuaient déjà des raids mais pas forcément sous la forme que nous leur donnons. |
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1) Objectif de ces manifestations :
Créer un moment fort de rencontres entre jeunes de différents horizons sous la forme d’un projet sportif. Pour cela, nous utilisons : la co-éducation et l’accompagnement des éducateurs mais aussi une pédagogie adaptée par la responsabilisation des jeunes, la valorisation de leurs comportements positifs et l’adaptation des pratiques proposées.
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2) Déroulement :
Le raid esprit sportif a été programmé sur 4 jours et 3 nuits (sur 2 lieux différents). Ce raid a eu lieu dans l’Oise dans la périphérie de Beauvais. Il s’est disputé sur plusieurs communes et des demandes ont du être faites en amont afin de bien expliquer le fonctionnement et le but du raid mais aussi de casser tous les préjugés des gens sur ce type de « population ». En effet, étant donné que nous étions dans de petites communes rurales, il fallait changer les pensées par rapport à l’arrivée de petits jeunes « délinquants » !!!
Afin d’optimiser les ressources de tous, les repas étaient faits par des jeunes du foyer de Beauvais et nous étaient distribués chauds les matin, midi et soir.
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3) Objectifs du raid santé :
• Contribuer à fonder une relation forte entre les jeunes mais surtout entre les jeunes et leur(s) éducateur(s)
• Proposer des activités sportives et culturelles innovantes afin de les captiver vers un projet commun d’aventure
• Favoriser une expérience de vie collective pour le groupe de jeunes en mettant en avant les aspects positifs (en effet ces jeunes vivent déjà constamment en foyer ensemble)
Le raid santé c’est un ensemble d’épreuves sportives de pleine nature que des équipages doivent réaliser tout en respectant les règles de conduite propres au fair-play et à l’esprit sportif. La performance sociale (esprit sportif) est donc placée sur le même plan que la performance sportive.
Les activités ont été proposées dans un ordre précis et réfléchi pour suivre une progression : course d’orientation nocturne d’environ 3h, VTT de 32km, randonnée pédestre de 15km à faire en 3h, run’n bike de 16km et des épreuves nautiques (canoë, kayak et jeu d’adresse).
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4) Atteinte des objectifs de l'action :
En termes quantitatif : Avec 37 jeunes présents pour 10 structures, notre objectif en termes de nombre est atteint. En effet, nous cherchions à fonder des équipes de 4 jeunes + 2 éducateurs par structure. Ce qui fait que la majeure partie des centres avait joué le jeu. Pour ceux qui n’avaient pas respecté la demande (faute de jeunes motivés ou disponibles), une pénalité de points leur a été attribuée au début du raid.
En terme qualitatif : Le ressenti de chacun sur les épreuves et les relations qui se sont tissées, nous permettent de dire que nous avons réussi notre organisation. Les performances réalisées sur les différentes épreuves ont été très bonnes avec des temps d’équipes inférieurs aux temps prévisionnels que nous avions envisagés.
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5) Evaluation du contenu de l'action :
Pour ce raid santé, nous avons axé notre contenu sur la connaissance des addictions et conduites addictives des jeunes ainsi que sur la prise de conscience qui doit ressortir du raid en termes respiratoires notamment.
Ainsi, lors de la randonnée pédestre, un quizz santé a eu lieu au milieu de l’épreuve afin d’interroger les jeunes sur les connaissances dont ils disposaient. Sous l’égide de l’Infirmière Territoriale à la Direction Territoriale de Protection Judiciaire de la Jeunesse, les quiz ont été remplis par les jeunes avec ou sans utilisation de jokers (mais surtout sans l’aide des adultes). Ces quizz rentrant directement dans le décompte final de l’épreuve de randonnée. Suite à cela, l’infirmière est passée durant les temps informels dans chacune des équipes afin de revenir avec les jeunes sur leurs réponses mais aussi pour pousser leur réflexion et leur prise de conscience encore plus loin.
Afin d’augmenter cette prise de conscience, nous avons volontairement mis en place des épreuves physiquement difficiles afin que les jeunes testent leurs limites. Ce côté a vraiment été bénéfique pour tous. En effet, certains jeunes qui se pensaient forts ont craqué dès les premières épreuves alors que d’autres nous ont agréablement surpris (ainsi l’effet de la cigarette par exemple a sauté aux yeux de tous). Nous avons ainsi pu relativiser cela en parlant de leur consommation de cigarettes, cannabis ou autre…Ce côté a aussi intéressé les éducateurs car il a montré le vrai visage de chacun. Dans l’effort (d’autant plus lorsque l’on approche de ses limites), on ne peut pas se cacher derrière un masque d’où le travail qui sera fait en aval avec les jeunes sur leurs déviances.
Nos indicateurs d’évaluation ont été de trois ordres :
- écrits : par les réponses au quizz, nous avons pu voir les connaissances de chacun sur les produits psychotropes et prohibés.
- visuels : au fur et à mesure des épreuves, nous avons pu observer une consommation de cigarettes en diminution. En effet, d’un jeune consommant de façon excessive (même durant l’épreuve !!!), nous avons observé un jeune ne fumant plus durant l’épreuve, évitant de fumer juste avant voire même pour certains attendant plusieurs minutes à la fin de l’épreuve avant de consommer car ils ont écouté nos conseils et remarques notamment retenu le fait que la cigarette après l’effort est la pire car les alvéoles sont ouvertes au maximum.
- sonores : les échanges entre jeunes, éducateurs et animateurs ont permis de passer de jeunes se moquant des conséquences à des jeunes discutant sur les problèmes que cela pose et pourra poser par la suite (cancer, bronchite chronique… pour ne citer qu’eux). En effet, les problèmes respiratoires sont arrivés très tôt dans les épreuves pour certains qui se croyaient sportifs parce qu’ils pratiquaient de la musculation. De plus, la réussite de certains (filles, personnes frêles…) a mis en difficulté les gens se sentant forts et remis en cause tout ce qu’ils pensaient d’eux-mêmes.
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6) Conclusion :
Ces quelques exemples nous montrent bien tout l’échange qui a eu lieu sur la remise en cause de soi, les conséquences d’une consommation qu’elle soit modérée ou excessive ainsi que les dérives que cela entraine, les capacités physiques réelles de chacun.
De plus, bien que l’action en elle-même soit terminée, nous voyons bien que les conséquences de cette dernière seront encore travaillées et utilisées durant de longs moments par les éducateurs. En effet, les liens qui se tissent durant cette épreuve permettent des échanges qui n’auraient jamais eu lieu autrement. De plus, le fait d’avoir vu les jeunes sous leur vrai visage (lorsqu’ils sont proches de leurs limites dans l’activité) permet aux éducateurs de bien connaître le jeune et de mieux le cerner dans le travail qu’il aura à faire par la suite avec ce dernier.
Enfin, l’évolution ne concerne pas que les jeunes. Les éducateurs ont aussi modifié leur façon d’être et de voir les jeunes tout au long de ces 4 jours. Ils ont ainsi vécu la difficulté durant les épreuves et ont pu se remettre en cause durant ces dernières pour revoir certains points d’attaque de leur métier.
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