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Un grand nombre de détenus arrivent en prison à un niveau de souffrances psychiques élevées. La première étude épidémiologique, réalisée en France, en 2003, par Bruno Falissard et Frédéric Rouillon (INSERM), montre que sur un échantillon de 799 détenus : 40% souffraient de dépression, 33% anxiété généralisée, 20% de névroses traumatiques, 17% agoraphobie, et 7 % de schizophrénie (Actes du colloque Santé en Prison à consulter sur internet).
Charlotte Verdot, Etudiante à l’UFRSTAPS de l’Université Claude Bernard Lyon 1 termine sa thèse de doctorat sur « l’influence des activités physiques et sportives sur la santé des personnes incarcérées » pour démontrer l’importance de la pratique sportive en détention. Nous l’avons interrogé pour connaître les résultats de son travail.
Dans le cadre de cette étude, elle essaye de montrer les bienfaits de la pratique sportive sur la santé physique et psychologique des détenus. Des études aux USA montrent des effets bénéfiques sur le stress et l’anxiété mais elles sont difficilement transférables sur les personnes incarcérées françaises qui n’ont pas les mêmes conditions de détention. Pour réaliser ce travail, il a été proposé à un groupe de 15 détenus, âgés de 20 à 57 ans, volontaires et anonymes, des activités physiques régulières sur 5 mois. Au programme, volley-ball et badminton (entre 2 et 4 séances par semaine) avec au minimum 4h de pratique physique hebdomadaire.
Une série de tests mensuels permettait d’évaluer les résultats avec un autre groupe sédentaire de 11 personnes. « Ces détenus ont montré un réel engouement pour la pratique sportive et sauf transfert ou libération, tous ont suivi le programme jusqu’au bout » souligne Charlotte Verdot.
Le résultat pour le groupe sportif : diminution de la dépression et du stress, amélioration de l’estime de soi, de la santé physique et de la qualité de vie. Autant de facteurs qui semblent se dégrader dans le groupe sédentaire.
« Ce qui m’a marqué c’est leur investissement total dans ce projet avec une certitude des bienfaits que cela leur a apporté. Ils m’ont parlé de l’empreinte de la prison sur les corps et les esprits et de l’importance que revêt la pratique physique dans ce cadre » précise-t-elle.
Les apports des APS dépassent le cadre du bien-être pour viser un réinvestissement corporel par la remise en mouvement. Les APS ne sont pas un remède miracle en détention mais sans doute un support, un complément à d’autres activités pour une amélioration de la qualité de vie des personnes incarcérées.
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