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Le programme d’activités sportives en
établissement pénitentiaires en Picardie conduit par l’URSLL
de Picardie, l’ERLL de Picardie et l’UNSLL, pour le
compte de la Direction des Services Pénitentiaires
d’Insertion et de Probation de l’Oise, s’articule autour
de trois axes : la restauration et le maintien d’un bon
état de santé, la restauration de l’image et de l’estime
de soi, et la construction d’un projet de réinsertion.
Ce travail se déroule en étroite collaboration avec les
SPIP de Beauvais et de Compiègne, Les directeurs des
deux maisons d’arrêt Dominique Lizé (Compiègne) et
Daniel Zénati (Beauvais) ainsi et leur personnel
travaillant sur les activités socio-culturelles et
sportives.
Sylvain Chevrier est éducateur
sportif Léo Lagrange, en milieu carcéral. Depuis 6 mois,
il travaille dans les maisons d’arrêt de Compiègne mais
aussi celle de Beauvais avec des détenues. Nous avons
voulu savoir en quoi son travail pouvait être différent
avec un public féminin : « Les hommes ont une
approche compétitive ils sont là pour gagner et très peu
pour créer le lien, d’ailleurs, en début de programme,
ils s’inscrivent par cellule ou ils cherchent a avoir
les meilleurs dans leur équipe. Chez les femmes c’est
plus une approche ludique, pas d’esprit de compétition,
c’est le jeu qui prime. »
Pour les détenus, l’activité sportive
sert à évacuer le stress de la détention, cela leur
permet de sortir de leur cellule et de « prendre l’air
». C’est un moment à part dans leur vie de détenus. Là
aussi, l’apport de l’activité sportive est différente
selon les hommes et les femmes : « Chez les hommes
c’est plus individualisé. ». Ils apprennent à ne
plus jouer uniquement pour gagner, à composer des
équipes avec des niveaux différents. Chez les femmes,
l’apport est plus au niveau individuel, elles vont plus
vers un dépassement de d’elle-même. Avec les femmes,
sur le plan éducatif, il faut prévoir une découverte des
activités parce qu’elles ont un niveau physique faible
et ont eu peu d’activités sportives à l’extérieur. La
première étape est passe par une remise en forme pour
atteindre une capacité à fournir des efforts et à se
dépasser. Toutes les activités sont sous forme de jeux
pour qu’elles puissent accepter leurs différences de
niveau. Elles apprennent l’effort, la respiration. Pour
elles « terminer en sueur, c’est bien »
Les femmes respectent plus facilement
les horaires que les hommes qui ont plus de difficultés
à garder des horaires de vie qui correspondant à
l’extérieur. Réussir à arrêter de fumer est important
pour beaucoup d’entre elles.
Un travail physique, travail sur
l’image elle-même.
« Dans nos projets, nous voudrions réussir à faire
rentrer des personnes de l’extérieur pour organiser des
matchs de badminton pour leur permettre de progresser et
leur donner un coup de boost, ou des personnes qui
viendrait faire du step avec elles pour découvrir
d’autre chorégraphies et créer des liens avec
l’extérieur. Cela leur montrerait qu’il y a des
personnes qui acceptent de rentrer en maison d’arrêt
pour jouer avec elles. Elles auraient ainsi une
meilleure vision de leur avenir. » conclut-il.
Propos recueillis par Maria Lacombe |