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Julie Value et Atyade Ouharma sont animatrices sportives, elles ont encadrés un programme sportif de 16 semaines, destiné à des hommes de 55 à 73 ans au Pontet à côté d’Avignon entre avril et juin.
En France, les plus de 55 ans représentent 12,1% de la population incarcérée. Pour eux l’enfermement et la sédentarité forcé augmente les conséquences du vieillissement comme les difficultés de motricité et la perte de souffle. Ce programme a été créé pour des personnes incarcérées de plus de 50 ans ayant des aptitudes minimales pour le sport. |
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Comment s’organise ce type de programme ? |
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Le 20 décembre 2007, une séance a été organisée avec 16 détenus et c’est à partir de ce test que le programme a été conçu. Nous sommes intervenues avec deux groupes, un en Centre de détention, l’autre en Maison d’arrêt. Ce sont deux publics complètement différents qui ne sont pas touchés de la même manière par les conséquences de l’enfermement. En Centre de détention, ils purgent leur peine et plus ils sont incarcérés depuis longtemps plus on remarque leurs difficultés pour aborder une activité sportive. En Maison d’arrêt, ils attendent leur procès et sont donc depuis moins de temps enfermés, c’est donc plus facile, pour eux, de s’impliquer dans un tel programme. Chaque groupe a suivi 16 séances en 8 semaines. |
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Parlez-moi de ces hommes pour qui le programme a été créé ? |
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Il faut savoir que dans les prisons, les plus âgés sont les plus faibles et ils sont plus bousculés que les autres. En Centre de détention, ce sont des hommes silencieux qui ont perdu l’habitude de la parole et de la prise de décision. Ce sont des sédentaires « non choisis ». Nous essayons par ce programme de les faire devenir « acteur », c’est pourquoi chacune de leur décision est importante et que nous nous efforçons d’en tenir compte comme le choix de l’activité sportive (pétéca, bowling, foot, jeux adresses, rugby adapté, badminton, tennis de table). De même que nous devons tenir compte de la singularité de chacun face aux conséquences du vieillissement au regard des activités sportives proposées. Le plus âgé avait 73 ans et il n’a pas réussi à poursuivre le programme malgré nos efforts, il a abandonné. Il avait du mal à s’intégrer avec les autres détenus plus jeunes.
Pour nous, c’est très important dans ce type de programme que des groupes « senior » soient constitués car ils se sentiraient moins diminués comme ils le sont lorsqu’ils sont mélangés avec des détenus plus jeunes. Le regard de l’autre devient moins gênant et nous pensons que leur participation augmenterait. |
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Choisir les participants ? |
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Dans les deux cas de figure, c’est l’Administration pénitentiaire qui les choisi. Nous ne connaissons pas les raisons de leur incarcération, mais entre eux, ils les connaissent et certains ne veulent pas se fréquenter. |
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Que leur apporte ce type de programme ? |
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En premier tout simplement un moyen de sortir de leur cellule ce qui permet une resocialiation. Au niveau psychologique : ils reprennent le moral. Au fur et à mesure des séances on peut remarquer une amélioration du souffle, de la souplesse et de la motricité ainsi que meilleure compréhension des consignes. La séance de sport est un moyen de s’affirmer « depuis qu’on a commencé, on se parle de sport entre nous ». C’est devenu un moyen de « re-communiquer » et de rompre l’isolement. Le sport est un moyen d’atteindre des objectifs qui ne sont pas forcément liés au sport. |
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Ses suggestions à apporter pour l’organisation de prochains
stages ? |
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Ce serait bien que ce programme soit organisé en liaison avec les professionnels de soins et les psychologues ainsi que l’unité de consultation et des soins ambulatoires. L’efficacité du programme augmenterait. On note une difficulté de lien entre les services, l’information passe mal et pourrait intégrer plus de détenus dans ce type de programme. Nous aimerions avoir des infos sur l’état de santé des détenus. Ils ne passent pas de visite médicale pour déterminer leurs capacités et d’éventuelles contre-indications à la pratique sportive.
Notre formation « activité physique adaptée » nous permet d’adapter la séance aux différentes incapacités comme les personnes en attente d’opération de la hanche et du genou, par exemple. Ce serait bien de faire un suivi en lien avec le SPIP. |
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C’est difficile d’aller travailler en prison ? |
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Cela n’a pas été difficile car le Centre de détention du Pontet est clair et coloré. Pour la première séance, Philippe Nicolino, notre DTN, nous a accompagnées. Ce qui nous a frappé, c’est qu’il faut ouvrir et fermer dix portes avant d’arriver dans un gymnase aussi bien équipé que ceux du « dehors ». Ce sont nos familles qui ont été plus inquiètes ainsi que nos profs à la fac. |