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Le sport n’est ni éducatif, ni social en soi. Le sport est un fait social à la fois porteur de valeurs et de contres valeurs telles que la violence ou le racisme. La fonction éducative et sociale du sport dépend du projet dans lequel l’activité physique s’inscrit.
Depuis la loi « Buffet » sur le sport, les fonctions éducatives et sociales du sport sont inscrites dans le marbre des textes qui régissent le sport en France. Pour nous, le sport n’est ni éducatif ni social en soi. Le sport est un fait social à la fois porteur de valeurs et de contres valeurs telles que la violence ou le racisme. La mise en œuvre de la fonction éducative et sociale du sport nous semble donc liée à la question du projet dans lequel nous l’inscrivons. C’est peut être au regard de la cohérence entre le sens de ce projet, les moyens et les méthodes employées que l’on pourrait évaluer si la place et la fonction du sport ont réellement une pertinence sociale et éducative significative.
Il semble donc nécessaire de nous
interroger d’une part sur la nature même du projet
général dans lequel nous souhaitons utiliser le
sport à des fins éducatives et sociales et d’autre
part sur la mise en jeu du sport comme outil
éducatif et social. Nous constatons qu’il existe fort peu de cadres techniques et pédagogiques qui peuvent garantir que le résultat souhaité sera atteint. Il nous faut l’accepter et appréhender avec humilité ce décalage entre le discours et la réalité.
C’est peut être dans une double logique de conception méticuleuse consistant à concevoir un projet réaliste et en maîtrisant une pédagogique spécifique que nous pourrions aboutir à une mise en œuvre effective de la fonction éducative et sociale du sport. |
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Rendre acteur |
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Rendre acteur les sujets de nos programmes pédagogiques nous permet de travailler au plus prêt de leur identité, de personnaliser nos actions et selon nous, de réaliser le transfert des acquisitions obtenues dans le domaine sportif aux autres domaines de la vie quotidienne.
Notre expérience de terrain, nous a démontré la limite des discours incantatoires dans la lutte contre la violence et les incivilités dans le sport. Si les actions de sensibilisation, telles que les campagnes « grands publics », peuvent contribuer à une démarche de prévention, elles ne semblent pas avoir un impact significatif sur le changement durable des comportements. Fort de ce constat, l’UNSLL propose depuis plusieurs années, d’accompagner les actions de sensibilisation, d’actions plus directes de prévention et de traitement des comportements déviants. Ces actions sont basées sur un principe simple. C’est en conscientisant et en développant les capacités des individus à se contrôler et à résister aux mauvaises influences de leur environnement que nous aboutirons à une prévention efficace. |
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Sociabilité consciente de circonstance |
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Dans le cas des incivilités et de la violence, il n’est pas toujours possible de définir la même règle de conduite pour tous. Chaque individu a sa propre appréhension de ce type de phénomène, du fait de sa culture et de son histoire. Certaines personnes peuvent se sentir agressées ou offensées par des comportements jugés anodins par d’autres. Ces observations nous ont amené à réfléchir à une démarche plus endogène qui consiste à accompagner le public concerné dans sa construction d’une « sociabilité consciente de circonstance », c'est-à-dire à ses propres arguments et ses propres réponses, plutôt que de reproduire une « sociabilité mécanique et dogmatique » conduisant à des attitudes qui leur sont étrangères. Notre expérience nous a conduit à travailler à partir de la réalité, vécue ou pensée par l’individu, à partir de son patrimoine social et comportemental et surtout de son potentiel personnel. |
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Mise en situation « problème » |
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Dans la mesure où nous avons choisi de procéder par une démarche endogène, il nous a semblé logique de recourir à une pédagogie adaptée, permettant un travail le plus individualisé possible. La pédagogie par la mise en situation « problème » repose sur le principe de construction personnalisée de réponses « in situ ».
Ainsi, le sujet est placé face à un problème à résoudre, par exemple en judo, immobiliser son adversaire sans lui faire mal. L’atteinte de l’objectif demandera au sujet de puiser à la fois dans son capital de « savoir faire » et de « savoir être ». Il devra imaginer ses solutions jusqu’à alors inconnues pour lui. Nos programmes pédagogiques sont composés de successions de mises en situation « problème », qui, plusieurs fois reproduites dans des contextes différents, conduiront les sujets à acquérir une sociabilité de « circonstance », comme des sportifs ou des comédiens trouveront leurs styles dans un contexte normé. De ce fait, les indicateurs d’évaluation doivent être pertinents tant sur le plan moteur que comportemental. La difficulté de cette méthode réside dans la capacité des animateurs à définir des indicateurs de progression et d’acquisition de capacités comportementales.
La mise en situation « problème » permet au sujet de prendre conscience par lui-même des tenants et des aboutissants d’un exercice. Il n’est pas rare qu’un enfant trouve facilement la solution à ce type de situation, mais il le fait généralement de façon instinctive. Le fait d’associer des consignes sportives (immobiliser un adversaire) à des consignes comportementales (sans lui faire mal) permet de lui faire prendre conscience de leur interrelation. Le sujet ayant lui-même tenté ou réussi l’exercice, aura plus de chance, selon nous, de prendre concrètement conscience que les choses ne vont pas de soi.
Pour que le prenne conscience du résultat de ces choix, il est nécessaire que nous l’amenions à les verbaliser. Il pourra le faire en restituant son expérience à l’animateur, en l’a transmettant à un autre sportif concerné par la même situation problème ou en utilisant des outils d’auto évaluation. |
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Philippe Nicolino
Directeur technique national |
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