Adrien ARJONA, vice-président de l’UNSLL, président de l’URSLL Auvergne Rhône Alpes, président du club de Kung fu Wushu de Lyon 8ième nous à quittés.
Nous gardons de lui le souvenir d’un homme engagé, qui avait porté la gentillesse et l’empathie au plus haut niveau du sport pour tous. Anna Zalguene avait su capter la finesse de ce combattant militant passionné, toujours prêt à aider.
Interview du 7 décembre 2024
Bienvenue dans l’univers d’Adrien Arjona, un homme qui n’a jamais choisi la facilité, mais qui a toujours su se relever, avancer… et surtout tendre la main aux autres.
Parcours et engagements
Après douze années en tant que vice-président de l’Union Nationale Sportive Léo Lagrange, Adrien aurait pu passer à autre chose. Mais pour lui, douze ans, ce n’est qu’une étape. Les défis, il ne les fuit pas : il les recherche.
Avant cet engagement, son parcours professionnel est riche et atypique. Technicien dans le bâtiment, il a été tour à tour peintre, électricien, plombier, et même formateur pour magasiniers ! Un homme de terrain, concret, habitué à construire : au sens propre comme au figuré.
C’est ensuite à Lyon qu’il donne une nouvelle dimension à son engagement, en se consacrant à la réinsertion. Dans des quartiers parfois marqués par la précarité et les dérives, il accompagne des personnes vers un retour à l’emploi. Une mission exigeante, parfois rude, mais profondément humaine. Là où certains voyaient des parcours brisés, Adrien voyait des potentiels à révéler. Et beaucoup ont retrouvé un chemin grâce à lui.
Bénévolat et passion
Quand il ne répare pas des murs ou des trajectoires de vie, Adrien trouve son équilibre dans les arts martiaux. D’abord le karaté, puis les arts martiaux chinois comme le kung-fu, qu’il utilise comme véritable outil d’insertion.
Son engagement dans le sport est profondément personnel. Ayant lui-même connu la rue dès l’âge de 8 ans, il sait ce que signifie se battre pour s’en sortir. C’est cette expérience qui nourrit son envie d’aider les jeunes en difficulté à trouver leur voie, en leur offrant un cadre, des repères et une discipline.
Son histoire avec Léo Lagrange
C’est grâce à son fils dont il est particulièrement fier, qu’il découvre Léo Lagrange, il y a maintenant 26 ans. En cherchant un club de qualité, ils tombent sur cette structure qui deviendra bien plus qu’un simple engagement : un véritable pilier de sa vie. Il y débute comme dirigeant et ne quittera plus cette famille associative, inspiré notamment par des figures comme Vincent Blanchet.
Pourquoi se représenter à l’élection du comité directeur de l’Union Sportive ?
Adrien n’est pas homme à rester immobile. Aujourd’hui, il souhaite poursuivre son engagement, porter de nouveaux projets et continuer à agir concrètement.
Parmi ses priorités : l’initiative « oxygénération », qui vise à mieux accompagner les aînés. Car pour lui, l’engagement ne doit pas s’arrêter à la jeunesse : toutes les générations méritent attention et action.
Après avoir surmonté un cancer et un souci cardiaque, il revient plus déterminé que jamais. Plus fort, plus lucide, et prêt à repartir pour un nouveau cycle.
Sa vision du sport
Adrien ne cherche pas à accompagner ceux qui ont déjà un cap bien tracé. Ce qui le motive, ce sont ceux qui doutent, ceux qui se cherchent, ceux qui sont au bord de décrocher.
Le sport, pour lui, est un levier puissant : un moyen de se reconstruire, de reprendre confiance, de redonner du sens à une trajectoire de vie.
Sa personnalité
Adrien, c’est une présence solide. C’est le genre de gars qui est toujours prêt à aider, toujours là quand il faut. Bienveillant, mais pas naïf. Exigeant, mais juste.
La confiance est au cœur de tout. Et lorsqu’il l’accorde, c’est sans réserve. Mais une chose est sûre : il ne fait pas deux fois la même erreur.
S’il était un film…
Adrien, un homme de combat, n’est pas du genre à s’attarder sur les films à l’eau de rose. S’il devait choisir un film, ce serait « Les Combattants », parce qu’il connaît bien la lutte et la résilience. Mais attention, ne vous attendez pas à un héros en costume. Adrien, c’est plus Bruce Lee et Mohamed Ali qu’une comédie romantique. Les combats, c’est ce qui l’a forgé. Et de tout ça, il en a tiré sa force pour aider les autres à en faire autant.
Un mot pour le définir ?
Gentil, oui. Sympathique, évidemment. Mais surtout : solide, lucide et profondément engagé. Car derrière la douceur, il y a une détermination sans faille.