Sur la côte basque, entre Bidart et Hendaye, une association affiliée à la Fédération Léo Lagrange propose une approche singulière du sport-santé : utiliser l’océan et la plage comme support d’accompagnement thérapeutique. Créée en 2021, Panasea développe des cycles d’activités aquatiques et de médiation en milieu naturel pour favoriser le mieux-être physique, mental et social.
Rencontre avec Marie Nicolas, cofondatrice et chargée de développement de l’association qui nous explique sa conviction profonde : l’océan peut être un levier puissant d’apaisement et de transformation !
De la pratique personnelle à un projet associatif engagé
« Ce n’est pas du surf au sens classique, ni des cours de surf », introduit Marie. Le terme “surfthérapie”, utilisé dans les pays anglo-saxons, renvoie plus largement à l’utilisation des activités aquatiques comme médiation thérapeutique.
L’idée est née d’une pratique personnelle. « Avec mon amie Rhoda, co-fondatrice également, nous surfions régulièrement. Nous avons réalisé que ce n’était pas seulement bénéfique physiquement : l’océan était aussi un espace d’échange, de parole, de recul. » Connexion à l’eau, immersion sensorielle, adrénaline de la glisse, apaisement procuré par le cadre naturel : autant d’éléments reconnus pour leurs effets positifs sur le bien-être. « Nous avions cette chance d’aller à l’océan et de pratiquer la glisse en autonomie, nous avons donc commencé à réfléchir à permettre à des personnes en souffrance de bénéficier aussi de ces bienfaits », poursuit la cofondatrice de l’association.
Après avoir découvert qu’une organisation internationale de surf thérapie, ISTO, recensait plus de 200 initiatives similaires dans le monde, les trois fondateur·rices, dont un professeur de surf, décident de créer Panasea en avril 2021, pour développer cette approche sur la côte basque, où elle n’existait pas encore.
Des cycles d’accompagnement en petits groupes
L’association propose des cycles de 6 à 8 sessions, à raison d’une séance par semaine. Chaque groupe rassemble six participant·es accompagné·es par la même équipe pendant tout le cycle : un moniteur de surf, un·e professionnel·le de l’accompagnement (éducateur·rice spécialisé·e, thérapeute, sophrologue…) et au moins deux bénévoles formé·es aux premiers secours en santé mentale.
« Une seule séance ne suffit pas. Comme toute pratique sportive ou thérapeutique, c’est la régularité qui permet de créer des effets durables » poursuit la professionnelle.
Les sessions, d’une durée de deux à trois heures, alternent temps sur le sable et immersion dans l’eau. Marche aquatique, paddle, nage ou activités de glisse sont adaptées aux capacités de chacun·e, y compris pour des personnes ne sachant pas nager ou présentant une appréhension de l’eau.
Sur la plage, des exercices de respiration, d’ancrage et de recentrage sont proposés autour d’un thème, comme l’équilibre, le lâcher-prise, la confiance, ce qui guide la séance. « Notre objectif est que chaque participant trouve sa place et éprouve du plaisir. »
Depuis septembre 2021, 135 personnes ont bénéficié de cet accompagnement. En 2025, l’association a accompagné 35 usager·es à travers six cycles, représentant 48 sessions.
Un engagement sport-santé au service de publics variés
Panasea s’adresse à des adultes, avec ou sans diagnostic médical. Les participant·es peuvent traverser des périodes d’anxiété, de dépression, de burn-out, de traumatisme ou être victimes de violences. L’association travaille également en partenariat avec des structures de santé et du secteur social.
Des programmes ont ainsi été menés avec un centre hospitalier pour des femmes victimes de violences, un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, des structures accompagnant des personnes en situation de précarité, ou encore une association soutenant des femmes en traitement ou post-traitement d’un cancer.
L’association collabore également avec l’UNAFAM pour accompagner des personnes vivant avec des troubles psychiques.
Au-delà de l’activité physique, le cadre collectif joue un rôle essentiel. « Le lien social, le sentiment d’appartenance au groupe, la progression ensemble sont des leviers très forts » complète Marie.
Une dynamique collective et un projet en développement
Après trois premières années reposant exclusivement sur le bénévolat, l’association a structuré son fonctionnement. Les moniteurs de surf sont désormais rémunérés, tout comme les coordinatrices de programme. Depuis janvier 2026, Marie est salariée à mi-temps pour assurer le développement du projet.
Une vingtaine de bénévoles, dont certain·es psychologues et travailleur·ses sociaux, contribuent à l’accompagnement et à la vie associative.
À l’automne 2025, Panasea a lancé un club mensuel destiné aux ancien·nes participant·es souhaitant poursuivre la pratique. Une session est organisée chaque premier dimanche du mois, de septembre à juin. Huit personnes composent aujourd’hui ce groupe, avec l’ambition de l’ouvrir à davantage de personnes.
En effet, l’association fait face à une demande croissante : 24 personnes sont actuellement sur liste d’attente ! Parmi les perspectives envisagées figurent aussi l’organisation de stages intensifs d’une semaine et l’ouverture de nouveaux cycles en partenariat avec d’autres structures.
Une affiliation à Léo Lagrange porteuse de sens
Delphine Desgré, chargée de développement à l’Union régionale sportive Léo Lagrange de Nouvelle-Aquitaine, est bénévole chez Panasea et a parlé du réseau Léo Lagrange à Marie : « nous partageons des valeurs communes avec le réseau Léo Lagrange et les unions sportives développent de nombreuses actions en sport-santé. Nous avons pensé que ce serait très intéressant d’être affiliés à une fédération sportive nationale. Et ainsi, nous bénéficions d’un accompagnement et de la mise en réseau » complète Marie.
Soutenue en 2024 par le Fonds de de dotation Léo Lagrange, l’association a ainsi obtenu sa première subvention : « c’est Delphine qui nous avait parlé de l’appel à projet ! ». Panasea est également en lien avec d’autres associations affiliées du territoire, favorisant les échanges et les complémentarités.
Pour poursuivre le développement des activités, Marie et ses collègues recherchent aujourd’hui des soutiens financiers afin de consolider les postes salariés, acquérir du matériel logistique et recruter de nouveaux·elles bénévoles pour accompagner son projet.
En mobilisant l’océan comme espace de médiation et de mieux-être, l’association illustre pleinement l’engagement sport-santé porté au sein du réseau Léo Lagrange : faire du sport un vecteur de santé, de lien social et d’émancipation.

crédit photos Panasea

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Pour garder le contact :
Marie Nicolas
Chargée de développement
contact@panasea.euLe site web : https://panasea.eu/

